Invitation à la
Mélomanie, page
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Les
Compositeurs - Communiqué
- Les compositeurs nous parlent. Pas avec des
mots, mais avec des sons. Que nous disent-ils ?
- Ils nous racontent la vie et l'âme des gens et des choses.
Grâce à la magie de la musique, ils partagent leurs
sentiments avec nous et nous font vibrer, frissonner, rire et
pleurer.
- Ils évoquent, décrivent, racontent et nous font
rêver. Ils nous transmettent leurs messages au-delà du
temps et de l'espace.
- Et si la plupart des compositeurs célèbres sont morts
depuis longtemps, leur musique, elle, est immortelle.
Il y a mille façons de suggérer les
beautés de la nature par la musique. La nature n'est-elle pas
musique?
Les chants des oiseaux, le rythme des vagues et des marées, le
murmure du ruisseau, le bruissement de la brise dans le feuillage, le
grondement du tonnerre
Et, il y a tant de couleur dans les paysages, tant de poésie
dans le spectacle des saisons, tant de colère dans celui de
l'orage
et toutes ces couleurs, toute cette
variété qui nous entoure, même si elle est faite
pour l'il, ne pourrait-elle pas être transposée
par les sonorités des instruments et du chant?
Bien des compositeurs nous ont prouvé que c'est possible, que
la beauté visuelle peut inspirer de la beauté sonore,
et que d'écouter cette musique en pensant aux images qui l'ont
inspirée procure des joies délicieuses.
3. Grieg : Peer Gynt, Le matin.
Une mélodie calme jouée par la flûte puis par le
hautbois, et enfin par les violons évoque les doux parfums
d'un paisible matin d'été.
4. Vivaldi : Le Printemps.
Dans cet extrait des Quatre saisons de Vivaldi, écoutez
comment trois violons imitent les gazouillis d'oiseaux dans la
forêt.
5. Beethoven : Symphonie Pastorale.
Le mot « pastoral » évoque les pasteurs -
les bergers - et plus généralement, la vie campagnarde.
Ici, Beethoven nous fait ressentir l'extase d'un citadin qui a
quitté sa ville poussiéreuse, et qui, comme disait le
poète, respire des masses d'air à pleins poumons
jusqu'à s'en étourdir
6. Saint-Saëns : Le Coucou au fond des bois.
Le coucou est un oiseau que l'on retrouve dans les forêts
d'Europe. Plusieurs compositeurs ont évoqué son appel,
devenu le symbole même de la nature. Dans son Carnaval des
animaux, Saint-Saëns confie à la clarinette le soin
de l'imiter.
7. Vivaldi : L'Été.
Ici, Vivaldi nous présente un coucou tout
énervé, voletant de tous côtés dans le
vent qui se lève. C'est le violon qui le
représente.
8. Rameau : La Poule.
Dans cette pièce pour clavecin, Rameau s'amuse à imiter
le « caquètement » et la démarche
cocasse de la poule.
9. Debussy : Jardins sous la pluie.
Un peu de musique impressionniste maintenant. Fermez les yeux et
imaginez
Un matin de très bonne heure, encore en pyjama,
vous observez un jardin à travers la fenêtre. Il pleut
et il fait froid. « Do, do, l'enfant do
»,
vous vous recoucherez bientôt
10. Rossini : Ouverture de Guillaume Tell.
Des premiers souffles du vent au déchaînement du
tonnerre et des éclairs, voici la plus célèbre
tempête de l'histoire de la musique.
11. Smetana : Vltava, ou La Moldau.
Vltava est le nom de la rivière qui arrose la belle ville de
Prague, en Bohême. Les Allemands appellent ce cours d'eau la
Moldau. Le compositeur Smetana décrit dans cette uvre le
parcours de la Vltava, depuis ses sources en montagne jusqu'à
son arrivée à Prague.
12. Wagner : Murmures de la forêt.
Le jeune héros Siegfried s'aventure dans la forêt,
ému par les mille petits bruits et frémissements qui la
parcourent.
13. Schumann : L'Oiseau-prophète.
Habitant mystérieux de la forêt, cet oiseau
imaginaire émet un chant mélancolique et troublant.
14. Ravel : Daphnis et Chloé, Lever du jour.
Ce passage du ballet de Ravel est dans le plus pur style
impressionniste : une forêt obscure, les premières
lueurs de l'aube, le ciel qui rosit, un rayon de soleil à
travers le feuillage, le réveil des oiseaux, la
clarté
voici enfin le matin!
Un des aspects les plus magiques et les plus
mystérieux de la musique est sa capacité à nous
faire vivre des émotions et à nous communiquer les
états d'âme du compositeur.
La musique est miraculeuse quand il s'agit de réconforter. Si
on est triste et qu'on entend de la musique joyeuse, on oublie notre
tristesse.
Si on est triste et qu'on entend de la musique triste, on se sent, en
quelque sorte, compris par le compositeur, et ça nous aide
à vivre et à nous consoler. Et si on est joyeux et
qu'on écoute de la musique triste que se passe-t-il? Eh bien,
curieusement, on ressent momentanément cette tristesse, puis
on apprécie davantage notre joie.
16. Bach : Double concerto pour violon et hautbois.
Le deuxième mouvement de ce concerto dégage une
impression de sérénité et de bonheur
paisible. Le hautbois et le violon sont soutenus par un orchestre
à cordes et un clavecin. Écoutez avec quelle
beauté les deux solistes mêlent leurs voix.
17. Brahms : Quintette à cordes no 2.
La nostalgie est un mélange de bonheur et de regrets.
Elle est liée à l'évocation de souvenirs
heureux, de bons moments que l'on aimerait revivre. Comme dans cette
musique
18. Haendel : Water Music.
Le 17 juillet 1717, George 1er, roi d'Angleterre, organise une grande
fête sur le fleuve qui traverse Londres, la Tamise. Pour
l'événement, Haendel écrit cette musique
majestueuse et triomphante, toute empreinte d'une joie
éclatante.
19. Chopin : Valse no 6.
Les valses de Chopin ne sont pas destinées à la salle
de bal. Le compositeur se sert du rythme dansant de la valse pour
exprimer ses états d'âme. Ce sont de véritables
poèmes pour piano. Par exemple, la valse qui suit communique
la peine, la tristesse.
20. Brahms : Symphonie no 3.
La mélancolie, c'est de la tristesse mêlée
d'une sorte de rêverie. Le mouvement lent de la 3e symphonie
de Brahms est un bel exemple de musique mélancolique.
21. Haydn : Symphonie no 88
La musique est une grande consolatrice, capable de panser les
plaies intérieures qui nous habitent parfois. Ainsi en est-il
de ce passage chaleureux d'une des 104 symphonies de Haydn.
22. Mozart : Concerto pour piano no 20.
Ne trouvez-vous pas que l'introduction orchestrale de ce concerto, un
des plus beaux de Mozart, semble traduire l'état d'esprit de
quelqu'un de contrarié? Le mécontentement
s'entend presque à chaque note.
23. Bruckner : Symphonie no 9.
L'impression dégagée ici est celle d'une fureur
implacable, une colère sans nom. Quelle énergie
dans cette musique!
24. Schubert : Symphonie
« Inachevée ».
Dès les premières notes que chante le hautbois, on se
sent inquiet, comme si un danger caché nous guettait.
L'accompagnement fébrile des cordes de l'orchestre accentue
bien ce sentiment d'inquiétude et
d'appréhension.
25. Bach : « Jésus, que ma joie
demeure ».
Le sentiment du sacré en musique a inspiré des
uvres géniales aux plus grands compositeurs. Les plus
sublimes d'entre elles peuvent toucher le cur de tous les
auditeurs, qu'ils soient croyants ou pas.
26. Mahler : Symphonie no 3.
La curiosité n'est pas exactement un sentiment, mais
plutôt un état d'esprit. Dans le 3e mouvement de sa 3e
symphonie, Mahler réussit bien à traduire cet
état d'esprit. Il y dépeint le grouillement des petits
animaux de la forêt animés d'une curiosité
irrésistible qui les incite à explorer les alentours au
mépris de tout danger.
27. Stravinski : L'Oiseau de feu.
Voici le tsarévitch Ivan qui s'aventure dans la forêt
où il fera la rencontre de l'Oiseau de feu. Il ne sait pas
encore qu'il se trouve dans le domaine du diabolique Katscheï
l'Immortel qui a la mauvaise habitude de changer les héros en
pierre! L'atmosphère à la fois menaçante
et mystérieuse du début de ce conte russe est
magistralement rendue par Stravinski.
La musique est un moyen fabuleux de rêver et
de nous évader de notre vie de tous les jours en nous faisant
voyager dans les siècles passés. Les compositeurs
évoquent souvent les héros de légendes et de
l'histoire. Que ce soit dans des poèmes symphoniques, des
opéras, des ballets ou que sais-je encore, quelle belle
variété de preux chevaliers, de guerriers farouches, de
cosaques en cavale et de princesses de légendes. On lutte pour
la liberté, contre la tyrannie, on défend sa patrie et
on pourfend les envahisseurs
29. Beethoven : Symphonie Héroïque.
Le nom de cette symphonie devait d'abord être Symphonie
Bonaparte en l'honneur de Napoléon Bonaparte qui
était censé libérer l'Europe de ses tyrans.
Mais, au lieu de cela, avant même que l'uvre soit tout
à fait terminée, Bonaparte envahit plusieurs pays et
devient l'empereur Napoléon 1er! « Un autre
tyran! » s'écrie Beethoven
Déçu,
il déchire sa dédicace, et la 3e symphonie est
rebaptisée Symphonie Héroïque. En
l'écoutant, on sent passer dans cette uvre
mémorable le souffle puissant de l'héroïsme.
30. Bizet : Trompette et tambour.
Des enfants jouent aux soldats et s'imaginent au seuil d'une grande
aventure.
31. Verdi : Il Trovatore.
L'action de l'opéra Il Trovatore de Verdi se
déroule au Moyen Âge, à l'époque des
troubadours. Manrico, un Gitan troubadour, vient d'apprendre que sa
mère Azucena, faussement accusée de sorcellerie, a
été emmenée pour être brûlée
vive sur un bûcher! Il chante ici sa volonté d'aller la
délivrer : « De ce bûcher, chante-t-il,
l'horrible feu brûle et enflamme tout mon être!
Mère, je cours te sauver ou partager ta mort ».
Quelle énergie héroïque dans cette voix de
ténor!
32. Liszt : Mazeppa.
Selon la légende, le héros cosaque Mazeppa a
été attaché nu sur un cheval sauvage qui
l'emporta dans les steppes depuis la Pologne jusqu'à
l'Ukraine. Une hallucinante chevauchée, évoquée
par un orchestre enflammé.
33. Rimski-Korsakov : Shéhérazade.
Deux armées se retrouvent face à face dans un champ de
bataille. Le trombone d'un côté et la trompette de
l'autre se lancent des défis de plus en plus
menaçants
Le suspense est à son comble
On
va livrer bataille!
34. Tchaïkovski : Ouverture 1812.
Cette uvre célèbre raconte la défaite de
l'armée de l'empereur Napoléon 1er en Russie, en 1812.
Pour représenter l'armée de Napoléon,
Tchaïkovski utilise le thème de La Marseillaise,
qui est l'hymne national de la France.
35. Wagner : La Chevauchée des Walkyries.
Les neuf Walkyries sont les filles de Wotan, le maître des
dieux. Vêtues de cottes de mailles, armées de grandes
lances et coiffées de casques ailés, les indomptables
Walkyries chevauchent en emportant les guerriers morts au combat dans
le château du Walhalla, là où demeurent les
dieux. Le rythme de cette musique suggère une
chevauchée fantastique.
36. Moussorgski : Une Nuit sur le mont Chauve.
Une Nuit sur le mont Chauve est un poème symphonique
évoquant un sabbat de sorcières présidé
par Tchernobog, le « dieu noir » des
légendes russes, c'est-à-dire Satan en personne!
37. Wagner : Marche funèbre de Siegfried.
Dans les légendes, il arrive que les plus grands héros
meurent. C'est le cas de Siegfried que l'ignoble traître Hagen
réussit lâchement à tuer par la ruse. Le moment
est terrible car Siegfried n'était pas un héros
ordinaire, mais bien un demi-dieu qui descendait de Wotan
lui-même. Son cadavre est emporté dans le fracas d'une
marche funèbre digne de sa stature surhumaine.
38. Berlioz : Symphonie fantastique.
Un héros tourmenté par une douloureuse peine d'amour
s'imagine dans l'au-delà, entouré de sorcières
et de créatures démoniaques qui l'entraînent dans
une ronde infernale.
39. Wagner : Lohengrin.
Cette pièce pleine d'allégresse est jouée au
début du 3e acte de l'opéra Lohengrin. Dans un
grand fracas de cymbales, de cordes et de cuivres, elle décrit
l'atmosphère d'une noce, celle du chevalier au cur pur
Lohengrin avec la belle Elsa du pays de Brabant. Voilà une
histoire où le héros ne meurt pas!
40. Beethoven : Symphonie no 9.
Le célèbre Hymne à la Joie constitue le
dernier mouvement de cette symphonie. Beethoven a voulu transmettre
un message d'espoir dans cette musique, il y exprime un souhait pour
l'avenir de la race humaine : le triomphe de la paix sur la
guerre et de la fraternité sur la haine.
Après les voyages dans l'imaginaire et dans
le temps passé, voici le voyage dans l'espace
géographique.
L'envol vers les terres lointaines, des terres habitées,
chacune avec leur saveur, leurs traditions et leur sensibilité
propre.
Lorsqu'on se laisse emporter sur le tapis magique que nous ont
tissé les grands compositeurs, c'est la mosaïque humaine
qui se déploie devant nous.
Richesse des rythmes, diversité des instruments, exotisme des
chants, la musique est une perpétuelle invitation au
voyage
42. Grieg : Danse norvégienne no 2.
Les Danses norvégiennes de Grieg pour piano à
quatre mains existent aussi dans une version pour orchestre. Celle
que vous allez entendre est un halling, une danse campagnarde
pittoresque. Le hautbois chante ici une bien aimable mélodie,
de quoi donner envie de visiter la Norvège!
43. Mendelssohn : Symphonie Écossaise.
Mendelssohn a adoré son séjour en Écosse
d'où il est revenu la tête pleine de souvenirs. Les
paysages brumeux , les châteaux de légende, et surtout
le peuple écossais, à la fois fier et hospitalier,
l'ont fasciné. Pour un compositeur comme lui, quelle joie que
de découvrir les danses folkloriques écossaises! C'est
justement cette musique qui lui inspire le 2e mouvement de sa
Symphonie écossaise, où la clarinette
évoque les sonorités de la cornemuse.
44. Berlioz : Harold en Italie.
Les Abruzzes forment une jolie région montagneuse
située au cur de l'Italie. C'est là que se trouve
Harold, un jeune Anglais mélancolique. Dans un petit village,
Harold observe une scène touchante : un montagnard qui
chante la sérénade sous la fenêtre de celle qu'il
aime dans l'espoir d'en être aimé. C'est toute la saveur
du folklore italien que Berlioz recrée ici.
45. Brahms : Danse hongroise no 5.
Dans ses Danses hongroises, Brahms a utilisé de vraies
mélodies folkloriques qu'il a réellement entendues
jouées par des Tziganes hongrois. La 5e est certainement la
plus célèbre. Sa mélodie a été
empruntée à une pièce tzigane intitulée
Souvenir de Bartfai.
46. Dvorák : Danse slave no 4.
Contrairement à Brahms, Dvorák ne cite pas de folklore
mais compose ses propres mélodies en imitant le style
folklorique de sa patrie et des autres pays slaves. La danse que nous
allons entendre est une skocná, danse bondissante et
spectaculaire de la région de Moravie, en République
tchèque.
47. Chopin : Polonaise no 6.
La « polonaise » est une danse majestueuse qui se
pratiquait à la cour des rois de Pologne, à Varsovie.
Chopin a composé 16 polonaises pour piano pour rendre hommage
à son pays. Celle-ci a été surnommée
« Polonaise héroïque » à cause
de son caractère énergique et fougueux.
48. Borodine : Dans les steppes de l'Asie centrale.
Ici Borodine évoque une caravane qui chemine dans les vastes
plaines semi-désertiques de l'Asie. On peut percevoir dans son
uvre les pas balançants des chameaux ainsi que le chant
nostalgique des voyageurs partis si loin de leurs foyers.
49. Debussy : Pagodes.
La musique de la lointaine île de Bali, en
Extrême-Orient, a inspiré à Debussy une de ses
pages les plus poétiques et les plus dépaysantes
où il évoque, de manière impressionniste, les
sonorités du « gamelan » balinais.
50. Saint-Saëns : Bacchanale de Samson et
Dalila.
Plusieurs uvres européennes imitent l'allure exotique de
la musique arabe. Saint-Saëns a séjourné quelque
temps en Algérie où il a pu entendre de ce type de
musique. C'est tout le charme mystérieux de l'Orient que l'on
retrouve dans cette danse frénétique et sauvage.
Nous voici arrivés au terme de notre voyage
à travers le monde de la grande musique.
Un voyage trop bref peut-être, mais ce n'est que le
premier : l'entrée de la caverne d'Ali Baba n'est plus
cachée mais demeure grande ouverte pour de futures
explorations.
Texte de Claudio Ricignuolo.
Narration : Guylaine Girard et Claudio Ricignuolo
© Éditions Fides, 2004.
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